18/09/07
"Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font", a répliqué lundi Ségolène Royal à ses détracteurs du Parti socialiste, dont Lionel Jospin qui a mis en doute les "capacités politiques" de l'ex-candidate à la présidence, dénonçant en même temps le "sexisme" dont elle se dit victime.
"Au fond ce qui me vient à l'esprit, c'est peut-être cette parole de la Bible +pardonnez-leur parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font+. Donc, je pardonne à tous ceux qui m'agressent parce que d'abord je pense qu'ils me font moins de mal à moi qu'aux socialistes, qu'à toute la gauche", a déclaré Mme Royal.
L'ex-candidate socialiste entamait lundi une visite de quatre jours au Québec, son premier grand déplacement à l'étranger depuis sa défaite à l'élection présidentielle. Mais elle a été rejointe par la polémique en France née de la parution dans le quotidien Libération d'extraits d'un livre à paraître du candidat socialiste à la présidentielle de 2002, Lionel Jospin, dans lequel il la critique vivement.
Lionel Jospin estime que Ségolène Royal n'a pas "les qualités humaines" ni "les capacités politiques" pour diriger le Parti socialiste et a invité la formation politique à ne pas répéter en 2012 la même "illusion" que cette année.
"Je crois aussi malheureusement qu'il y a, et peut-être est-ce aussi inconscient, dans toutes ces attaques, du sexisme et à le voir à ce point aussi fort, j'en suis moi-même surprise, je pense qu'il s'apparente au racisme", a lancé Mme Royal. "J'ai l'impression en lisant tous ces ouvrages que si j'étais Jeanne d'Arc, j'aurais déjà été brûlée vive", a-t-elle ironisé, tout en s'interrogeant sur cette "haine" et cette "violence" dirigée contre elle.
L'ex-candidate socialiste a souligné sa détermination à poursuivre son combat politique. "Je suis là, je suis bien là, et j'ai bien l'intention de continuer", a-t-elle répété lors d'un point de presse dans la capitale québécoise. Dans l'après-midi, elle a dénoncé ce qu'elle a qualifié d'"alignement" du président français Nicolas Sarkozy sur son homologue américain George W. Bush, y voyant "un danger non négligeable pour la sécurité en France".
Elle aussi jugé que des déclarations du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner "méritaient quand même un certain éclaircissement". Ce dernier a estimé que le monde devait se préparer à la possibilité d'une guerre avec l'Iran si ce pays persistait dans son refus de suspendre son programme nucléaire controversé.
La présidente de la région Poitou-Charentes s'est entretenue lundi avec le Premier ministre du Québec, Jean Charest, ainsi qu'avec le chef de l'opposition Mario Dumont (ADQ, droite). Elle devait rencontrer mardi Pauline Marois, nouveau chef du Parti Québécois (PQ, indépendantiste).
Mme Royal a déclaré être venue au Québec dans le cadre de la préparation du 400e anniversaire en 2008 de la ville de Québec, fondée par le géographe et explorateur Samuel de Champlain, originaire de Brouage, en Charente-maritime (sud-ouest de la France), mais aussi pour observer le Canada et le Québec qui sont dans certains domaines en "avance" sur la France. Elle devait signer mardi des accords sur "les écos-industries" et visiter un institut psychiatrique spécialisé dans le traitement des délinquants sexuels récidivistes.